Un peu de temps libre

Musée de la Cité du Vin à Bordeaux

Parce qu’un seul dimanche ne suffit jamais vraiment. Bordeaux a cette qualité rare : plus on la connaît, plus elle révèle. Voici quelques adresses et promenades pour prolonger l’expérience, à votre rythme.

 

La Cité du Vin: un musée comme nulle part ailleurs

On ne visite pas la Cité du Vin comme on visite un musée ordinaire. Le bâtiment lui-même — une silhouette dorée et tourbillonnante imaginée par les architectes Anouk Legendre et Nicolas Desmazières, inaugurée en 2016, est déjà une déclaration. Ses 3 000 m² d’expositions permanentes font le tour du monde du vin à travers dix-neuf espaces thématiques, immersifs, sensoriels. On y apprend, on y déguste (l’entrée comprend un verre de vin au belvédère panoramique, au 8ème étage, avec vue sur la Garonne). Comptez deux bonnes heures au minimum, et ne partez pas sans monter sur la terrasse au coucher du soleil.

 

La rue des Bahutiers : le cœur médiéval

Nichée au cœur du vieux Bordeaux, la rue des Bahutiers est l’une des plus anciennes de la ville. Son nom vient des fabricants de bahuts ( ces coffres de voyage en cuir) qui y avaient leurs ateliers au Moyen Âge. Aujourd’hui, c’est une rue courte, étroite, pavée, bordée de façades du XVIIIe siècle : elle invite à lever les yeux autant qu’à regarder les devantures. À deux pas, la rue des Argentiers et la rue du Pas-Saint-Georges prolongent agréablement la flânerie dans ce triangle historique où chaque pierre a une mémoire.

 

La Place du Parlement : la grâce du XVIIIe

C’est l’une des plus belles places de Bordeaux, et sans doute l’une des moins bruyantes malgré sa situation en plein centre. Conçue au milieu du XVIIIe siècle, elle est entourée de façades classiques d’une homogénéité remarquable, percées de mascarons, ces visages sculptés, qui ornent les clés de voûte des fenêtres bordelaises. En son centre, une fontaine et des terrasses de café qui, les jours ensoleillés, ressemblent à un décor de film. On s’y pose volontiers pour un café, entre deux ruelles du quartier Saint-Pierre.

 

L’Utopia : un cinéma dans une église

Ce cinéma est une anomalie merveilleuse. Installé dans la salle capitulaire du couvent des Carmes, édifice du XIVe siècle classé monument historique, l’Utopia est un cinéma d’art et d’essai qui programme depuis des décennies les films que les multiplexes n’osent pas montrer. La salle conserve ses voûtes gothiques, ses pierres apparentes, sa lumière tamisée, tout l’opposé d’un multiplex. Jeter un œil au programme avant de passer, ou entrer simplement pour voir la salle : les deux valent le détour.

 

Le Parc Bordelais : le poumon vert de la ville

À l’ouest du centre, le Parc Bordelais est le plus grand espace vert de la ville avec ses 28 hectares. Créé à la fin du XIXe siècle dans le style anglais, il est traversé par des allées sinueuses, agrémenté d’un lac, d’un manège, d’aires de jeux et d’un parcours sportif. Le dimanche matin, toute la ville semble s’y retrouver : joggers, familles, promeneurs de chiens, lecteurs allongés sur l’herbe. C’est une Bordeaux moins touristique, plus quotidienne et tout aussi attachante.

 

Rue Camille Sauvageau jusqu’à l’église Sainte-Croix

La rue Camille Sauvageau traverse le quartier Saint-Genès avant de déboucher sur l’un des monuments les plus imposants et les moins attendus de Bordeaux : l’église Sainte-Croix. Cette ancienne abbatiale bénédictine, dont les origines remontent au VIIe siècle, présente une façade romane du XIIe siècle considérée comme l’une des plus belles du Sud-Ouest. La rue qui y mène, elle, est bordée de petits immeubles, de commerces de quartier, de quelques ateliers d’artistes, une ambiance faubourienne qui contraste avec la majesté du monument qui l’attend au bout.

 

La Base sous-marine : le béton comme écrin

Construite par l’organisation Todt entre 1941 et 1943 sous l’occupation allemande, la Base sous-marine est un monument d’architecture brutale et involontairement impressionnante : 245 mètres de long, 22 mètres de hauteur, des murs de béton de 2 à 7 mètres d’épaisseur. Elle abritait les sous-marins de la Kriegsmarine. Aujourd’hui reconvertie en espace culturel, elle accueille des expositions d’art contemporain, des spectacles, des installations lumineuses et sonores qui jouent avec le gigantisme du lieu. L’acoustique y est étrange, l’atmosphère unique. C’est l’un des endroits les plus singuliers de Bordeaux — à ne manquer sous aucun prétexte si une exposition est en cours.

 

Balade à vélo : les quais et la piste Roger Lapébie

Bordeaux est l’une des villes françaises les mieux équipées pour le vélo. La piste cyclable le long des quais longe la Garonne sur plusieurs kilomètres, entre le pont de Pierre et le parc aux Angéliques, offrant une perspective continue sur le fleuve, les grues rénovées, les bateaux amarrés et la silhouette de la rive droite. Pour ceux qui veulent aller plus loin, la piste Roger Lapébie ( ancienne voie ferrée désaffectée transformée en voie verte) relie Bordeaux à Sauveterre-de-Guyenne sur 62 kilomètres à travers vignes et forêts. Plates, sans voitures, parfaitement balisées : ces pistes sont praticables par tous, à n’importe quel niveau.

 

Les Châteaux de la Communauté Urbaine : une journée à vélo dans le vignoble

À une heure de vélo du centre de Bordeaux, le vignoble commence. La Communauté Urbaine de Bordeaux regroupe certains des châteaux les plus célèbres au monde : Haut-Brion et La Mission Haut-Brion à Pessac, Pape Clément à Mérignac, Carbonnieux à Léognan. Plusieurs châteaux ouvrent leurs portes aux visiteurs le week-end, proposant visites de chais et dégustations. L’idée d’une journée entière à vélo, en partant des quais, en longeant les allées de platanes, en s’arrêtant pour déjeuner dans un village viticole, puis en rentrant par les pistes balisées au coucher du soleil : c’est peut-être le plus beau dimanche que Bordeaux puisse offrir.